Mosquées à la place d’églises

Au cours de l’été 2023, les médias en manque de sensationnel, ont largement communiqué sur la destruction de l’église de la Baconnière en Mayenne. D’impressionnantes images, il faut le dire. Ce n’est jamais un spectacle agréable que de voir des grues et des bulldozers réduire en gravats le passé. Les réactions en chaîne ne se sont pas fait attendre par les nostalgiques de tout poil.

Cette église, celle-ci comme bien d’autres encore, est vide faute de fidèles et de budget pour la restaurer. Malgré elle, elle devient le symbole, faisant fi du message évangélique, de ceux qui considèrent que l’argent public est donné en priorité pour la construction de mosquées.

Des mosquées à la place des églises : vrai et faux ?

Les fake-news lancés sur les réseaux sociaux, relayés sans la moindre vérification des sources, nous obligent à clarifier les choses. À l’occasion d’un temps de partage avec des amis ou d’une formation plus institutionnelle avec des ados ou des adultes, nous commençons par poser la réflexion sur des bases incontestables.

Déroulement

1/ « vrai ou faux »

L’animateur de la séance lance deux propositions, l’une est vraie l’autre est fausse. Chaque participant se détermine avant que l’animateur n’apporte les réponses. Avant de passer aux affirmations suivantes, l’animateur s’adresse aux participants :
– D’où viennent tes sources ?
– Qui a répondu selon ce qu’il supposait savoir ?
– Où ce qu’il avait entendu dire ? Par qui ? Par quoi ?
– Pourquoi étais-tu sans hésitation ?
– Qu’est-ce qui t’a fait hésiter ?
– Qui a répondu au hasard ?
– Etc.
L’objectif étant « d’introspecter », autant que faire se peut, la fiabilité de nos réponses.

1/ L’État construit des mosquées (ou d’autres lieux de culte). Faux
2/ Depuis 1905, l’État ne construit aucun lieu de culte. Seules les communautés croyantes avec leur propre denier se lancent dans ce genre d’aventure. Vrai

1/ L’État ne subventionne jamais les lieux de culte. Faux 
2/ L’État prend en charge les lieux de culte construit avant 1905 et plus globalement le patrimoine religieux. (par exemple la reconstruction de Notre-Dame de Paris ou l’entretien de la cathédrale de Strasbourg). Vrai 

1/ La communauté musulmane a construit 2600 mosquées en France. Faux 
2/ Il est plus exact de parler de 2600 lieux de prière. Car on ne peut confondre une salle de prière et une mosquée. En France, on compte à l’heure actuelle environ 900 mosquées et 1700 salles de prière. Vrai

1/ En France, des milliers d’églises sont sur le point d’être démolies. Faux 
2/ 500 églises menacent de s’effondrer sur le territoire national. Comme elles ne sont pas classées monuments historiques, donc sans aide de l’état, elles seront détruites lorsqu’elles présenteront un danger pour la sécurité des biens et des personnes. Vrai

1/ Les églises désaffectées sont achetées par les communautés musulmanes pour les transformer en mosquée. Faux
2/ À ce jour 4 anciennes églises sont devenues mosquées. Vrai
– la chapelle Saint-Joseph de Clermont-Ferrand a été prêtée pendant plus de 30 ans à la communauté musulmane de la ville qui s’est contentée de camoufler les symboles chrétiens derrière de nouvelles décorations ;
– Graulhet dans le Tarn ;
– La chapelle des Sœurs Dominicaines à Lille ;
– La chapelle Saint-Christophe à Nantes ;
Source

Remarques :
– L’animateur saura compléter ses affirmations, les modifier, en chercher d’autres plus pertinentes voire plus adaptées aux participants.
– L’animateur choisira de commencer par l’affirmation vraie ou la fausse en fonction de sa gestion pédagogique du groupe.

2/ Les fondements idéologiques de ces fausses rumeurs.

Après une lecture partagée des informations ci-dessous (pdf en téléchargement) et du visionnage des deux capsules vidéo, les participants, dans le cadre d’un échange collectif, se posent avant de clore leur débat les trois questions suivantes :
– Qui a intérêt de faire circuler ce type de rumeurs ?
– Qui risque, plus particulièrement, de se laisser piéger par ces rumeurs ?
– Que mettre en œuvre, à notre niveau, pour déjouer ces rumeurs ?

Quelques chiffres encore 

– 42.258 églises et chapelles paroissiales catholique (selon la conférence des Évêques de France en 2021).
– Environ 3000 temples protestants.
– Une vingtaine d’églises ou de chapelles sont à vendre chaque année.
– 34 modifications ou transformations de lieux religieux en France en 2019.
– 1€ Dans « Libération » du 11 juin 2012 : « L’église du Saint-Sacrement de Binche en Belgique est mise en vente, au prix symbolique de 1 euro. La dernière messe a été célébrée dimanche devant plus de 200 fidèles. Selon le doyen local, la paroisse n’a pas les moyens financiers de régler les frais d’entretiens, factures et autres dépenses. S’il espère que le futur propriétaire en fera bon usage, la nature du projet n’est pas encore décidée. Au menu des propositions : une salle de spectacle, une bibliothèque, des lofts ou encore un hôtel. La réponse sera donnée à la fin de l’été. On ignore combien d’églises pourraient subir le même sort. »
Source
– 50.000€ pour acquérir une vaste église dans l’Aveyron mise en vente sur le « Bon coin ».
Article dans l’Alsace 

Les ventes d’églises de plus en plus importantes (interview sur Radio Notre-Dame)

Si nous trouvions demain un supermarché, un magasin de vêtements ou encore une concession automobile dans une église ?

Vous l’avez dit Louis les ventes d’églises en France augmentent ces dernières années.  
Les bâtiments religieux sont de plus en plus menacés de vente à des particuliers ou des entreprises. On compterait entre 5 et 30 ventes de bâtiments religieux par an en France. Selon l’Observatoire du patrimoine religieux, il y aurait eu 34 modifications ou transformations de lieux religieux en France en 2019, un chiffre en augmentation chaque année. L’observatoire explique que les bâtiments religieux chrétiens sont les principaux concernés.  

L’observatoire du patrimoine religieux indique qu’avec la diminution du nombre de catholiques pratiquants, l’entretien des édifices religieux comme les églises coûtent chers. Et de ce fait, les bâtiments sont parfois mis en vente afin de trouver un investisseur privé prêt à sauvegarder ce patrimoine. On parle là de petits bâtiments religieux. La plupart des églises, couvents ou abbayes concernés se trouvent à la campagne 

Faut-il s’inquiéter de ce phénomène ?  

Oui et non. Oui, car la vente de bâtiments religieux à des particuliers implique que les personnes propriétaires de ces bâtiments peuvent en faire ce qu’ils veulent. La très grande majorité des lieux concernés ne sont pas classés. On peut donc craindre que des églises soient détruites pour être transformées en logement par exemple. Il s’agit là d’un cas extrême qui n’arrive quasiment jamais en France. Mais pour donner des exemples plus concrets, le diocèse de Soissons a par exemple vendu l’église Sainte-Thérèse dans la commune de Hirson dans l’Aisne à un pianiste qui souhaitait trouver un lieu adapté à ses répétitions. L’église a été vendue 90 000 euros. Vente d’église ne veut pas dire disparition de celle-ci.  

Quel est le prix d’ailleurs d’une église ou biens religieux à vendre ?  

Tout dépend de sa taille, de son état et de son emplacement. Mais une petite église de campagne peut être vendue pour moins de 100 000 euros, les bâtiments plus imposants et proches des grandes villes coûtent eux entre 300 000 et 600 000 euros. Tout le monde peut postuler à l’achat. Les diocèses ont souvent un droit de regard sur le futur propriétaire, mais un bâtiment à vendre pour moins de 100 000 euros attire forcément beaucoup d’investisseur et de promoteurs.

Vous nous dites Nicolas que le phénomène est très rependu au Royaume-Uni.  

Oui alors pour des raisons parfois différentes qu’en France, mais effectivement, il n’est pas rare de voir au Royaume-Uni des églises vendues à des particuliers. Le phénomène existe surtout en Angleterre, mais aussi en Écosse. Je me souviens lors d’un voyage Louis d’avoir constaté que bon nombre d’églises du centre d’Edimbourg sont transformées en magasins d’alimentation, de vêtements ou encore en galerie d’art. Ces églises sont vendues, car elles ne peuvent plus être financées par les paroisses locales. Mais souvent, une entente est trouvée avec les nouveaux propriétaires pour que le lieu garde son âme spirituelle. Par exemple, les magasins présents dedans sont retirés pour les offices du dimanche ou les fêtes catholiques.  
On est encore loin de cette pratique en France, mais le sujet devient de plus en plus d’actualité avec la baisse visible du nombre de pratiquants et donc de revenus pour les diocèses. Pour finir Louis, ces ventes ne sont pas forcément négatives. Dans une majorité de cas, les nouveaux propriétaires ont les moyens de restaurer le lieu et donc de faire perdurer l’héritage religieux chrétien.
Source

Document à distribuer aux participants ci-dessous :