Prière or not prière

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Depuis la rentrée scolaire de 2025, le rapport entre l’enseignement public et l’enseignement privé est pollué par la question de la prière en classe.

Il s’agit d’un dialogue de sourds entre, d’un côté, Guillaume Prévost, secrétaire général de l’enseignement catholique, qui tient à défendre le caractère propre des établissements privés, et, de l’autre, les défenseurs d’une laïcité radicale, qui en profitent pour remettre le couvert sur la pertinence de ces écoles au sein de la République.

En arrière-plan, il y a l’affaire Bétharram, l’affaire Stanislas, l’affaire machin-truc-bidule (les moutons noirs égarés existent forcément dans un troupeau de 7 220 brebis immaculées).

En janvier 2026, la publication d’un guide par le ministère de l’Éducation nationale, intitulé : « Critères d’inspection des établissements privés sous contrat », devrait calmer ce jeu ridicule, et également calmer les inspecteurs qui, parfois par incompétence, ont rédigé des rapports à charge, pensant régler le problème d’un coup de règle sur les doigts.

L’enseignement catholique, qui avait dénoncé des abus lors de ces contrôles, salue les « clarifications » présentes dans ce guide.

La suspicion latente à l’égard des équipes éducatives des établissements privés sous contrat les oblige à être « plus blancs que blancs ». D’où la nécessité pour les enseignants de maîtriser la notion de caractère propre, que ne manqueront pas d’interroger les IEN ou les IA-IPR chargés des contrôles.

Cette liste, non exhaustive, de questions pourrait, dans un premier temps, apporter aux équipes éducatives de quoi réfléchir à ce qui fait la spécificité de leur profession, à l’instar de leurs collègues des établissements publics :

  • Comment exprimer, expliquer, faire valoir le caractère propre des établissements sous contrat ?
  • Comment, non seulement respecter la neutralité, mais s’appuyer sur elle pour participer au développement de l’esprit critique des élèves ?
  • Comment ne pas confondre laïcité et neutralité ?
  • Comment faire preuve de neutralité tout en portant, le cas échéant, un signe distinctif religieux ?
  • Comment appréhender et approfondir la notion d’ethnocentrisme à laquelle aucun enseignant ne peut totalement échapper ?
  • Comment mettre concrètement en œuvre la partie du socle commun relative à la liberté de conscience (SCCC, domaine 3) ?
  • Comment « transmettre et faire respecter les valeurs de la République » (Référentiel de compétences enseignantes) dans toutes les disciplines sans exception ?
  • Comment dépasser la notion d’intérêt générale (SCCC, domaine 3) pour tendre vers celle de « bien commun » ?
  • Comment mobiliser les connaissances des élèves afin qu’ils s’intéressent aux éléments « clés de l’histoire des idées, aux faits religieux et aux multiples convictions » (SCCC, domaine 5) ?
  • Comment travailler des passerelles entre les disciplines et les enseignement transversaux, en exerçant au mieux sa liberté pédagogique, notamment dans le cadre de dispositifs tels que l’EVAR/EVARS ?

Ci-dessous, les articles du journal La Croix, qui a pris connaissance des critères mis au point par le ministère de l’Éducation nationale pour le contrôle des établissements privés sous contrat.

Afin d’élargir le point de vue sur la question, trois articles, les deux premiers rédigés par Cécile Seveirac et Henri Quantin pour Aleteia et le troisième par Pierre Merle pour le Café Pédagogique, complètent cette tétralogie de La Croix.

Sur le site du ministère (en attendant la publication du guide, en cours d’acheminement, en premier lieu, vers les intéressés) :
https://www.education.gouv.fr/les-etablissements-d-enseignement-scolaire-prives-2942

Pace e bene,
Pmg

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