Évaluations PISA 2025-2026

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Les premiers résultats du rapport PISA 2025, publié le 08 septembre 2026 (comme tous les trois ans), ne sont pas élogieux pour le système scolaire Français… Et pour les habitués aux rapports PISA : c’est encore moins bon que d’habitude…

Pourtant, sept ministres de l’Éducation nationale se sont succédé depuis le dernier rapport :
Pap Ndiaye (jusqu’en juillet 2023)
Gabriel Attal (juillet 2023 – janvier 2024)
Amélie Oudéa-Castéra (janvier 2024 – février 2024)
Nicole Belloubet (février 2024 – septembre 2024)
Anne Genetet (septembre 2024 – décembre 2024)
Élisabeth Borne (décembre 2024 – octobre 2025)
Édouard Geffray (depuis octobre 2025)

Le document, ci-dessous, reprend les articles du « Café pédagogique » sur le sujet :
1/ en général,
2/ en maths,
3/ en français.

Si je résume le résumé du résumé voilà ce que je retiens

  • Pas de souci : les bons sont toujours bons, mais un peu moins quand même, et les nuls sont encore plus nuls qu’avant.
  • On identifie relativement bien là où le bât blesse :
    • Le milieu social, qui renforce, via la carte scolaire, les inégalités. (La faute à pas de chance quand tu n’es pas né au bon endroit.)
    • Le système scolaire en bout de course, que personne ne veut vraiment toucher parce qu’il y a toujours une élection en vue, des syndicats tapis dans l’ombre et des politicouillemolles.
    • Le désintérêt des profs, qui ne se remettent pas en cause. Et pourquoi le feraient-ils, vu ce qu’ils sont payés ? Leur enseignement fonctionne d’ailleurs très bien : il suffit de regarder les statistiques et de constater que leurs enfants réussissent très bien là où les autres se plantent. Donc, ce n’est pas la faute des profs, qui continuent à oublier leur serment de Pythagore : « Je respecterai chaque élève, son autonomie, sans aucune discrimination, son milieu social, ses convictions et celles de ses parents, etc. » En fait, ce serment n’existe pas. Dommage.
  • Le désintérêt des parents, de plus en plus flagrant, pour la scolarité de leurs enfants… Une piste à creuser au plus vite.

Quant au résumé du résumé, voici les 12 constats principaux qui se dégagent des trois articles sur PISA 2025 :

  1. Stagnation en façade, érosion de fond : la France reste proche de la moyenne OCDE, mais ce résultat masque un recul continu depuis dix ans — les scores 2025 comptent parmi les plus faibles depuis le début de sa participation à PISA.
  2. Décrochage de l’excellence : le socle minimal de compétences est globalement dans la moyenne, mais la part d’élèves très performants s’effondre (5 % en maths contre 8 % en moyenne OCDE), signe d’un système qui tire moins bien ses meilleurs éléments vers le haut.
  3. Chute sévère en mathématiques : -16 points en trois ans (474 → 458), -20 points depuis 2015 (l’équivalent d’une année de scolarité) ; la part d’élèves en difficulté passe de 29 % à 36 % entre 2022 et 2025.
  4. Recul marqué en compréhension de l’écrit, surtout chez les garçons favorisés : l’écart filles-garçons atteint 32 points (+12 depuis 2022), avec une baisse concentrée sur les garçons de milieux favorisés et un désintérêt croissant pour la lecture.
  5. Inégalités sociales fortes et persistantes : écart de 100 points en sciences entre élèves favorisés et défavorisés (contre 85 en moyenne OCDE) ; écart de performance entre établissements de 38 % (contre 31 %), signe d’une ségrégation scolaire plus marquée qu’ailleurs.
  6. Conditions matérielles d’enseignement qui se dégradent : le manque de matériel pédagogique (20 % des élèves, +5 pts depuis 2022) et le manque d’infrastructures (25 %, +6 pts) progressent, même si la pénurie perçue de professeurs recule légèrement par rapport au pic de 2022.
  7. Relation pédagogique distendue : seul un élève sur deux perçoit son enseignant comme attentif à son apprentissage (54 % en sciences contre 69 % en moyenne OCDE) — à mettre en regard de conditions d’exercice difficiles (programmes chargés, classes hétérogènes, peu de temps pour différencier).
  8. Effondrement du soutien parental perçu : l’intérêt hebdomadaire des parents pour la scolarité chute de 74 % à 63 %, et les discussions sur les difficultés scolaires de 48 % à 34 %, dans tous les milieux sociaux et types d’établissement.
  9. Harcèlement scolaire en légère reprise : 18 % des élèves déclarent en subir plusieurs fois par mois, après la baisse observée entre 2018 et 2022 (probablement liée aux effets de la pandémie).
  10. Déficit d’autonomie et d’organisation du travail : seul un élève sur trois sait organiser et planifier son travail ; difficultés déclarées à se concentrer, persévérer face à une tâche difficile ou demander de l’aide.
  11. Numérique et IA : un usage modéré mais peu piloté pédagogiquement : les élèves français utilisent moins les outils numériques et l’IA que la moyenne OCDE, ce qui pose surtout un enjeu de formation aux usages (élèves et enseignants) plutôt que d’équipement.
  12. Deux signaux positifs à exploiter : un état d’esprit de progression très favorable (81 % des élèves pensent pouvoir développer leur intelligence, contre 69 % en moyenne OCDE) et une sensibilité environnementale supérieure à la moyenne — des leviers de motivation qui ne se traduisent pas encore en résultats.

Petite pointe d’humour pour finir… Si vous regardez le point 12 : les petits Français sont à la traîne par rapport aux pays voisins, mais ils sont les premiers en Europe à penser qu’ils sont capables de faire beaucoup mieux et qu’on aurait tort de mettre en doute leur intelligence… Pas de doute, ce sont bien des Français !

Et enfin le résumé du rapport PISA aux bons soins du « Café Pédagogique »