Un quart du XXIe siècle est derrière nous

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Elles sont bien plus nombreuses que ne pourrait nous le laisser croire l’ambiance morose de notre époque.
Constatez par vous-même :

1/ Bug de l’an 2000 : la grande panne n’a jamais eu lieu.
2/ Krach de 2008 : pas de nouveau 1929, reprise dès 2011.
3/ Printemps arabes : des dictateurs qu’on croyait intouchables tombent.
4/ Covid : le monde encaisse le choc et repart.
5/ Ukraine : David tient tête à Goliath.
6/ IA : des machines qui résolvent de vieilles énigmes mathématiques.
7/ Longévité : +6 ans d’espérance de vie mondiale (67 → 73,3 ans).
8/ Afrique : +10 ans d’espérance de vie depuis 2000.
9/ Seniors : on vieillit plus tard et en meilleure santé.
10/ Pauvreté : de 2 milliards à 800 millions de très pauvres.
11/ Chine et Inde : 1,1 milliard de personnes sorties de la misère.
12/ Prospérité : production mondiale multipliée par 2,5.
13/ Paix relative : taux de violence meurtrière au plus bas de l’histoire.
14/ École : −40 % d’enfants non scolarisés.
15/ Filles : parité presque atteinte à l’école, majoritaires à l’université (114 pour 100 garçons).
16/ Femmes : émancipation et maternité choisie, partout dans le monde.

Pourtant…
Est-ce que tout va bien ? Non !
Est-ce que l’équité est de mise ? Non !
Est-ce que la Terre cesse d’être malmenée par l’homme ? Non !

Il ne s’agit pas d’être naïf, mais de comprendre ce que veut nous dire cet article intéressant de Jean-François Dortier, publié dans la dernière livraison de L’Humanologue (https://lhumanologue.fr/9444/21e-siecle-premier-bilan). Il relit le « futur » de son enfance, qui ne ressemble en rien à ce qu’on imaginait. Personne ne pouvait prévoir la réalité d’aujourd’hui, pas même les experts ni les sciences humaines, ce qui invite sérieusement chacun à l’humilité. Que serons-nous, ou que serez-vous, dans 25 ans ?

  • Une des leçons que me donne cet article, c’est qu’à trop nous focaliser sur l’actualité spectaculaire, on passe à côté des évolutions de fond, plus lentes et plus prévisibles.
  • Une des réflexions que m’inspire cet article, c’est qu’il pourrait nous aider, au sein de notre Église catholique, à faire deux pas : aider, d’une part, les intégristes à comprendre que l’évolution est irrévocable — et heureusement —, et aider, d’autre part, les progressistes à prendre patience, car il est urgent de ne rien précipiter.
  • Une des pistes que me suggère cet article, c’est de creuser le symbolisme du kintsugi. Cet art japonais ne cherche pas à faire disparaître les traces de la casse : il les met en lumière, et chaque fêlure devient un trait d’or qui raconte l’histoire de l’objet.
    Le bol réparé ne revient pas à son état d’avant. Il devient une pièce unique, plus singulière et plus estimée qu’à sa sortie de l’atelier.
    De même, nos blessures, une fois accueillies et soignées, peuvent devenir la trame d’une joie plus profonde et plus solide.